Saint Médard et le bas-Mouffetard, une vie de quartier

Si le coeur vous en dit, venez un dimanche matin ensoleillé profiter du quartier Saint Médard, autrement dit le bas-Mouffetard. Véritable lieu privilégié du 5e arrondissement, à la limite des 13e et 14e, les alentours de la paroisse Saint Médard offrent une véritable vie de quartier en plein coeur de la capitale. Avec ses airs de village de province les promeneurs sont au rendez-vous et se mêlent aux habitants très souvent ancrés dans le quartier depuis des décennies… Partons explorer l’église Saint Médard et l’histoire de son quartier!

 

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L’Eglise Saint Médard

Des vestiges de tombes attestent probablement la présence d’une chapelle en bord de Bièvre au VIe siècle, mais rien de certain. L’Eglise Saint Médard est initialement construite au XIIe siècle à la limite de l’abbaye Sainte Geneviève (située au niveau du Panthéon en haut de la montagne Sainte Geneviève). Il ne reste aucun vestige de l’édifice de cette époque, elle est rebâtie à plusieurs reprises au cours des XVII et XVIIIe siècles. Elle tient son nom des reliques de Saint Médard, évêque de Soissons, mort en 560. Ce lieu est célèbre car fut le théâtre de nombreuses scènes d’agitation religieuse.

Catholiques contre protestants

Au XVIe siècle, Catherine de Médicis accorde la liberté de culte aux protestants. Le domaine des Patriarches, comme nous l’avons cité précédemment, appartient alors à la famille Canaye, convertie au calvinisme. Le 27 décembre 1561, alors qu’un pasteur est en pleine prédication au sein du domaine, les querelles commencent. Les prêtres catholiques de la paroisse Saint Médard perturbent l’office des protestants en faisant résonner les cloches de l’église avec vacarme.

Ceux-ci, en guise de contestation et de mécontentement, font alors irruption dans l’église. Ils ne sont pas moins de 2000 ce jour-là. Les catholiques de Saint Médard parviennent, non sans mal, à les chasser, mais ils récidivent rapidement afin de saccager l’édifice. En retour, l’hôtel des Patriarches est incendié le lendemain par les Catholiques… Somme toute, une querelle religieuse parmi tant d’autres. Mais ce n’est pas terminé…

Les convulsionnaires de Saint Médard

Au XVIIIe siècle, nouvelle agitation autour de la paroisse, connue comme l’affaire des convulsionnaires de Saint Médard. Le diacre François de Pâris prend parti pour le jansénisme, courant religieux catholique plutôt rigoureux. Il est contraint d’interrompre sa carrière sacerdotale, son opposition à l’archevêque de Paris devenant un peu trop compliquée. Sa ferveur religieuse le conduit à mener une vie basée sur l’austérité et la pauvreté. S’imposant des mortifications et autres jeûnes, il meurt en 1727 et est enterré dans le cimetière Saint Médard.

De nombreux pèlerinages se succèdent alors autour de sa tombe, les foules se pressent pour assister à des scènes de convulsions fréquentes. La légende raconte que des centaines de miracles se seraient produits dans le cimetière. Louis XV ordonne alors, pour mettre fin à ce désordre, sa fermeture en 1732. Un écriteau est apposé sur le mur du cimetière le lendemain de sa fermeture en guise de contestation : « De par le Roi / Défense à Dieu / De faire miracle en ce lieu ». 

Le Square Saint Médard

Le square Saint Médard voit le jour dans les années 1870 pendant les travaux de dégagement de l’église. Sept maisons ici présentes sont alors rasées. Le square occupe l’emplacement de l’ancien cimetière paroissial, il est devenu un lieu très fréquenté, ombragé et agrémenté d’espaces de jeux pour les petits. On aperçoit à l’intérieur du square la sacristie, construite en 1718. 

Place Georges Moustaki

Un village au coeur du 5e

Sur le parvis de Saint Médard, la charmante place est baptisée au nom du chanteur en 2017. De par ses origines grecques et la proximité dans le quartier de plusieurs traiteurs hélléniques, le conseil de Paris a jugé que l’endroit rentrait dans le contexte. Serait-elle en cours de piétonisation? Les gens du quartier l’espèrent, d’autant plus que la rue Edouard Quenu, débouchant sur la fontaine, l’a récemment été. Un plan de végétalisation est également en cours sur le terre plein de la rue de Bazeilles. Instauré par une association de quartier très active dans son projet, aux arbres citoyens, une belle preuve de partage et de solidarité, motivons-les!

Le Pont aux tripes…

Cette charmante place n’avait probablement pas la même allure naguère, du temps du bourg Saint Médard… Au XVIIe on décide de transférer les peausseries de la rive droite (quai de la Mégisserie et place de Grève) en bord de Bièvre. La rivière attire également les blanchisseurs et teinturiers, le plus célèbre étant un certain Gobelin, d’origine flamande, fondateur de la manufacture. Un pont traverse alors la Bièvre au niveau de la rue de Bazeilles, communément appelé Pont aux tripes, du fait de la proximité des boucheries et tanneries aux alentours. La rivière sert de dépotoir à ordures et fait office d’égoûts, Haussman la recouvre finalement de bithume au XIXe siècle.

Le bas Mouffetard et l’Arbalète

En remontant la rue depuis l’église, c’est ici que l’on découvre la pittoresque rue Mouffetard. L’activité change au fil des décennies mais le quartier tend à conserver un brin d’authenticité… Les habitants du quartier appellent encore leur mini supermarché A la bonne source, vieille enseigne de la rue Mouffetard oblige! Les marchands de fruits et légumes, boucheries et boulangeries ont certes évolué depuis le temps mais tentent de conserver la même activité. On a vu Amélie Poulain s’arrêter dans le bas-Mouffetard, dans le bistrot Verre à pied, fief d’une foule d’habitués.

La rue de l’Arbalète vient couper la rue Mouffetard, à l’intersection s’installent souvent vendeurs de fleurs et musiciens de tous styles, orgues de Barbarie ou jazz band. De plus en plus de restaurants s’implantent dans la rue de l’Arbalète, et le bar à narguilé Café égyptien est une véritable institution pour les amateurs de Chicha.

Dans la rue Mouffetard, on se couche tard…

Le quartier du bas-Mouffetard et ses rues adjacentes ont toujours connu beaucoup d’animation grâce aux vendeurs ambulants qui ont fait son histoire et sa réputation. Au XVIIe siècle, le pont aux tripes est très fréquenté. Il constitue une véritable porte de commerce vers le Bourg Saint Médard. La rue Mouffetard étant pentue, le chemin pour la gravir est parfois périlleux, d’où l’ouverture de nombreuses échoppes pour pouvoir se désaltérer en cours de route… Parmi tant d’autres « l’Epée de Bois », le « Pot de fer », qui ont inspiré les noms de rues actuelles.

 

Le quartier Saint Médard ou bas-Mouffetard est un lieu charmant et animé. Venez profiter d’une balade le weekend, accordéon et bal musette sont au rendez-vous. Le dimanche matin tous les bistrots du coin proposent des formules brunchs très alléchantes. Dans le prolongement de la place, la rue Censier attire par ses commerces de bouche de qualité, la pâtisserie carl Marletti mais également le traiteur et la cave Mavrommatis.

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