6 lieux mythiques du quartier latin

Arpenter le bitume du quartier latin ? Une telle chance de pouvoir s’y adonner… Les parisiens y flânent, les touristes s’y promènent.
Alors quel serait le parcours de promenade idéal pour découvrir ce haut lieu culturel chargé d’histoire, de poésie, d’anecdotes ?
Difficile de déterminer le point de départ de la promenade… Sorbonne, Panthéon, place Saint Michel… ?

Partons à la découverte du quartier latin à travers 6 lieux mythiques, chargés d’histoire et d’anecdotes.

#1 Boulevard Saint Michel

Nous allons donc entamer notre descente du boulevard Saint Michel, ou plutôt le remonter, car la numérotation des rues démarre toujours de la Seine à Paris. Ce célèbre boulevard fut percé à l’initiative du Baron Haussmann au XIXe siècle, parallèlement à la rue Saint Jacques, considérée comme étant l’axe historique nord-sud. Voit-on dans cette grande ouverture de boulevard un signe précurseur ? Haussmann avait en effet pour mission de désengorger le Paris médiéval et de ce fait assainir les nombreuses habitations trop concentrées.

Mais les grands axes permettaient également de se défendre bien plus facilement face à tout type de révolte ou d’insurrection… Certains groupes étudiants de l’époque commençaient déjà à divulguer des idées nouvelles, les prémices de mai 1968 ?  Il fut donc initialement nommé boulevard de Sébastopol rive gauche car se trouvait tout simplement dans le prolongement du boulevard de Sébastopol rive droite, les 2 constituant le grand axe nord-sud de la capitale. L’origine du nom actuel provient du Pont Saint Michel marquant la séparation avec l’île de la cité.

Arrêtons-nous ici, curieusement au numéro 61, devant une banale entrée de parking, où nous allons faire un saut dans le temps et revenir à l’époque Gallo-Romaine, aux alentours de 50 av JC. Ce bout de mur n’est autre qu’un vestige du forum antique, le forum étant la place sur laquelle se réunissaient les Romains pour toutes activités commerciales, religieuses ou politiques. On peut donc s’imaginer les romains en train de faire leurs emplettes à cet endroit précis. Continuons sur le boulevard et dirigeons-nous vers la place de la Sorbonne, restons encore à l’époque gallo-romaine où ici même s’étendait une série d’habitations dont seul un puits a été conservé. On y fit de drôles de découvertes lors de fouilles archéologiques au cours des années 1980, entre autres des morceaux de céramique, des tuiles et un squelette humain, qui semblerait y avoir été précipité…

#2 Fontaine Saint Michel

Créée en 1857 lors du percement du boulevard Saint Michel, la place doit son nom au pont qui mène vers le boulevard du Palais. Véritable carrefour du quartier latin, c’est un véritable lieu de rendez-vous connu aussi bien des touristes que des autochtones, George Sand vivait au numéro 29 du Quai Saint Michel, dans l’immeuble de coin. C’est ici qu’est installée la célèbre librairie Gibert Jeune, une véritable institution pour lycéens et étudiants, qui s’est d’ailleurs développée sur tout le boulevard.

La fontaine représentant Saint Michel terrassant le diable fut inaugurée par l’architecte Gabriel Davioud en 1860 à la demande d’Haussmann afin d’harmoniser l’angle entre le boulevard et la place Saint André des Arts. Ce monument imposant fut conçu, avec ses niches et ses colonnes, en référence à la fontaine de Médicis dans le jardin du Luxembourg et fut vivement critiqué du fait de son style jugé trop éclectique (9 sculpteurs y ont contribué) et de sa polychromie à laquelle les parisiens n’étaient pas vraiment habitués. De par sa situation très centrale, la fontaine Saint Michel reste un véritable point de repère et son petit parvis propose continuellement des spectacles de rue attirant les foules.

#3 Musée de Cluny

Fondé au XIIIe siècle, l’hôtel des abbés de Cluny accueille les abbés venus de Bourgogne pour enseigner au collège de Cluny situé place de la Sorbonne, le bâtiment actuel, un des derniers hôtels parisiens de type médiéval, date du XVe siècle. Dans ce lieu unique, à cheval entre plusieurs époques puisqu’il jouxte les thermes gallo romaines du nord, se sont succédés plusieurs locataires atypiques, des astronomes, imprimeurs et bien sûr des collectionneurs qui en ont fait sa renommée. Vendu à la révolution, il devient officiellement musée au XIXe suite au rachat de l’hôtel particulier par un collectionneur d’art, Alexandre du Sommerard. Son fils Edmond devient par la suite le premier directeur du musée et des thermes du nord, dites de Cluny et se spécialise dans l’Antiquité, la Renaissance et le Moyen Age. Le site devient officiellement Musée du Moyen Age en 1992 et rassemble des œuvres inestimables comme la célèbre tapisserie de la Dame à la Licorne, une partie du suaire de Charlemagne, le pilier des Nautes, découvert dans la crypte de Notre Dame, des vitraux de la Sainte Chapelle ou encore les statues des têtes des rois de Judée arrachés de la façade de Notre Dame pendant la révolution et retrouvés par pur hasard des années plus tard sur la rive droite, rue de la Chaussée d’Antin.

#4 Place de la Sorbonne

La découverte du quartier latin nous invite évidemment à découvrir la place de la Sorbonne et la superbe chapelle Saint Ursule. Sur la gauche vous pouvez admirer l’imposant buste d’Auguste Comte, fondateur de la sociologie et du positivisme au XIXe siècle, un musée lui est d’ailleurs consacré, à 5 minutes d’ici, dans son dernier domicile parisien rue Monsieur le Prince.

#5 Panthéon

Devant nous se dresse le Panthéon, gigantesque. C’est en 1744 que Louis XV, très malade, fit le vœu de construire une église en hommage à la Sainte Patronne de Paris, Sainte Geneviève, en cas de guérison. Comme vous pouvez le deviner, il guérit et la charge des travaux fut confiée à Germain Soufflot. L’architecte débuta les travaux en 1764, son projet subit de multiples polémiques rapport à des problèmes de fondations, de nappe souterraine… Il ne fit que subir les critiques qui l’épuisèrent, il mourut en 1780 sans voir l’achèvement de son œuvre. Ses élèves reprirent les travaux et finirent par l’achever en 1790, en respectant l’ouverture sur l’église qu’ils nommèrent rue Soufflot et en construisant la faculté de droit à l’emplacement du collège de Lisieux. L’assemblée constituante en place à l’époque décida de ne pas consacrer l’église au culte mais proposa plutôt d’en faire un lieu permettant d’accueillir les dépouilles des grands hommes. Les périodes et agitations politiques depuis la construction de l’édifice ont maintes fois modifié sa portée symbolique, c’est en 1885, lors des funérailles de Victor Hugo qu’il redevient officiellement le Panthéon. Parmi les 81 personnalités inhumées dans ce lieu on retrouve Victor Hugo, Emile Zola, Voltaire, Alexandre Dumas, Jean Jaurès, Jean Moulin, Simone Veil, Pierre et Marie Curie… Difficile d’en dresser une brève liste. Vous pouvez admirer à l’intérieur de l’édifice le célèbre pendule de Foucault démontrant la rotation de la Terre. La grille entourant l’édifice et les deux gigantesques candélabres ont été dessinés par Baltard, créateur des halles du même nom, vestiges du ventre de Paris. Enfin, afin de bien harmoniser les monuments sur la place du Panthéon et le secteur de la rue Soufflot, la mairie du Ve fut construite sur le modèle de la faculté de droit.

#6 Rue Saint Jacques

La rue Saint Jacques est véritablement placée au cœur du quartier latin, elle a vu évoluer à travers les époques l’effervescence de cette partie de la rive gauche, son architecture, ses commerces et bien sûr l’enseignement et les transformations de l’université de Paris. Probablement la rue la plus ancienne de Paris, elle démarre au niveau de Notre Dame, et vous dirige droit vers les faubourgs de Paris en direction du sud. Elle constitue l’axe principal de la cité, le cardo maximus, pour les Lutéciens. Puis elle est au Moyen Age point de départ pour les pèlerinages vers Saint Jacques de Compostelle. L’artiste Salvador Dali en a d’ailleurs trouvé l’inspiration pour son cadran solaire visible au numéro 27.

L’église Saint Séverin, le Collège de France, la Sorbonne, le lycée Louis le Grand, l’Institut océanographique, l’église Saint Jacques du Haut Pas, l’Institut des jeunes sourds, la Schola Cantorum, la rue Saint Jacques longe de prestigieux bâtiments parisiens

 

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