4 lieux à voir absolument dans le quartier Mouffetard

Autrefois quartier très populaire des faubourgs de Paris, la rue Mouffetard tient son nom d’un subtil mélange entre mont Cétard, et Mouffette… Mais quel rapport entre un mont et un mammifère odorant? La rue grimpe ce mont Cétard, communément appelé aujourd’hui montagne Sainte Geneviève. Et la mouffette fait référence aux odeurs pestilentielles des peausseries du bord de Bièvre, disparues aujourd’hui. A travers ses légendes, venez découvrir le quartier Mouffetard en arpentant cette rue pavée vieille de 2000 ans!

Le charme de l’église Saint Médard

En bas de la rue Mouffetard, l’avenue des Gobelins monte directement vers la place d’Italie. Revenons 2000 ans en arrière, nous voici sur la route de Rome (et pas du rhum…). La rue Monge, plus récente, vous dirige vers les arènes de Lutèce. Un brin dissimulée au carrefour de ces deux axes partagés entre les époques, l’église Saint Médard apporte au quartier Mouffetard un petit air de province, avec tout de même ses accents très titi parisiens!..

L’église initiale date du XIIe siècle mais il ne reste aucun vestige de cette époque. Le petit square est aménagé en 1870 à la place du cimetière dans lequel eurent lieu de nombreuses scènes d’agitation religieuse plutôt mystérieuses… N’hésitez pas à pénétrer dans l’église pour y admirer ses grandes orgues et sa chaire datant du XVIIIe . Le quartier Saint Médard est très appréciable le dimanche matin, touristes et habitants du quartier se mélangent pour flâner ou faire leur marché. De nombreux commerces de bouche proposent des produits de qualité (Mavrommatis, Delizius, Morange, Androuet…), et les restaurants vous régalent autour d’un brunch au son de l’accordéon…

Les enseignes de la rue Mouffetard

En remontant la rue Mouffetard, vous aurez l’occasion de découvrir plusieurs enseignes possédant chacune leur petite histoire.

A la « bonne eau » de la Mouffe…

La façade du numéro 134 est classée monument historique depuis 1990. Le maçon italien Adigheri réalise en 1930 ce superbe décor en utilisant la technique du sgraffite. Ce travail consiste à orner un revêtement de mortier d’un dessin gravé et convient parfaitement aux décors extérieurs observables à distance. Un charcutier italien, la maison Facchetti installe son commerce en 1928 au rez de chaussée du 134 et depuis une quinzaine d’années, l’enseigne Delizius propose toujours de la gastronomie italienne. La fresque sied parfaitement à la maison puisqu’on peut distinguer des dessins de cochons, biches, sangliers et cerfs, jusqu’au dernier étage! On imagine que cette curieuse façade permet au commerce de se démarquer de la concurrence.

Au numéro 122, la superbe enseigne en bois sculptée et peinte date du XVIIIe siècle. Apposée à l’époque par un marchand de vin, son échoppe « La Bonne Eau » est ensuite rebaptisée « La Bonne Source ». On y trouve aujourd’hui une célèbre enseigne de supermarché, communément nommée dans le quartier « La Bonne Source »

Le plus vieux chêne de la capitale

L’enseigne du Vieux Chêne au numéro 69 est la plus célèbre de la rue Mouffetard. C’est aussi l’une des dernières de Paris, avec « l’Arbre à Liège » située rue Tiquetonne dans le 2e arrondissement. D’après la légende, elle aurait été élaborée à partir de l’épave d’un bateau repêché dans la Seine au XVIe siècle. A cet endroit précis se trouvait l’hôtel de Mainville, propriété de l’ancien couvent Notre Dame de la Miséricorde sous l’Ancien Régime. Cette demeure abrite un club révolutionnaire en 1848, puis un caveau, un lieu de distraction à partir de la fin du XIXe. Le bar cabaret actuel conserve un esprit très titi parisien propre au quartier, il est encore très populaire de nos jours.

Un petit peu plus haut, la grande façade, très sobre, abrite la caserne de la Garde Républicaine. Elle remplace depuis les années 1820 les terrains du fameux couvent Notre Dame de la Miséricorde. Le couvent ferme en 1795, il avait en charge les soins des filles et femmes malades, on compte parmi ses pensionnaires la célèbre Madame de Maintenon, épouse secrète de Louis XIV. La caserne s’étend jusqu’à la place Monge, où se situe l’entrée principale.

Un vestige des colonies?

Au numéro 14 se situait, jusqu’en 2018 l’enseigne « Au Nègre Joyeux ». Décrochée avec minutie sous la supervision de la directrice du musée Carnavalet, propriétaire de la plaque, le projet d’une restauration est en cours. Cette plaque ornait les murs d’une chocolaterie au XVIIIe siècle et représentait un homme noir et une femme blanche. Son interprétation a suscité de nombreuses controverses, à savoir, quel personnage dans le dessin est au service de l’autre ? Ainsi, certains membres du conseil de paris y voient un vestige de l’époque coloniale et ne souhaitent pas qu’elle soit raccrochée et surtout exposée en pleine rue. En attente d’une réinstallation ?

Enfin, c’est au au numéro 6 que se situait très probablement une boucherie au XVIIIe siècle. Cette enseigne classée représente deux bœufs en stuc et a été restaurée avec des couleurs plutôt criardes.

La Contrescarpe,aux limites du bourg Saint Médard

La découverte du village Mouffetard s’achève par la pittoresque place de la Contrescarpe, située au carrefour des 4 quartiers du 5e arrondissement.Au XIIIe siècle, la place se tient en dehors de l’enceinte Philippe Auguste, à l’extérieur de Paris. La contrescarpe n’est autre que la « paroi côté extérieur » de la muraille ainsi l’origine du nom est toute trouvée.

Au numéro 1, on distingue une vieille inscription évoquant le cabaret de la « Pomme de Pin » où viennent se distraire les hommes de lettre de la Renaissance et les poètes de la Pléiade. Les plus célèbres étant Rabelais, Ronsard, Racine, Boileau ou La Fontaine.

Au Moyen âge la place de la Contrescarpe est un point de rencontre fréquenté par les « godailleurs ». Ainsi on y venait pour s’enivrer dans les nombreuses auberges et marchands de vin, pour y remplir son godet. Client assidu du cabaret, Rabelais cite La Pomme de Pin dans Pantagruel. D’ailleurs pour l’anecdote, les inscriptions murales nous induisent en erreur car le fameux cabaret se situait en face, au coin de la rue Blainville.

Au numéro 9 une plaque indique l’existence autrefois de la Porte Saint Marcel du temps de l’enceinte Philippe Auguste, qui disparait sous Louis XIV. La plaque initiale disparait après la seconde guerre mondiale. Une plus récente l’a donc remplacée pour nous permettre de situer l’emplacement de cette porte à l’époque. Une parcelle du mur de l’enceinte Philippe Auguste a d’ailleurs survécu au temps, non loin d’ici, dans la rue Clovis.

Pot de Fer, Saint Médard, Blainville… les rues du voisinage

La rue du Pot de Fer

Afin d’alimenter en eau le jardin du Luxembourg, Marie de Médicis rétablit le fonctionnement de l’aqueduc gallo-romain de la rive gauche. La construction de 14 fontaines permet ainsi de gérer le surplus d’eau. L’un d’elle est parvenue à résister, au coin de la rue Mouffetard et de la rue du Pot de Fer, construite en 1624.

Très animée et touristique, la rue du Pot de Fer attire en nombre touristes et étudiants dans ses nombreux bars et restaurants.

En remontant Mouffetard, la rue Saint Médard a quelque peu perdu de son charme d’autrefois. Les constructions des années 60-70 ont totalement modifié son aspect et sa vocation d’origine. Le célèbre marché pouilleux de la rue Saint Médard donne fin XIXe vie et effervescence au quartier. Un véritable marché aux puces où les chiffonniers venaient en nobre vendre leurs trouvailles de toutes sortes.

La rue Blainville part de la place de la Contrescarpe et nous mène vers le Panthéon et la mairie du Ve arrondissement. Autrefois nommée rue des la Contrescarpe Sainte Geneviève, elle recouvre le tracé de l’enceinte Philippe Auguste.

Le quartier Mouffetard a tant inspiré! Les poètes de la Pléiade viennent déjà au XVIe siècle profiter de la chaleur des échoppes de la Contrescarpe… Amélie Poulain y fait une escale rive gauche dans son fabuleux destin. Quant à la sorcière des contes de la rue Broca, elle continue à amuser petits et grands…

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